Travailler avec des freelances, ce n'est pas encourager la précarité

Etre freelance, c'est avant tout un choix et en aucun cas une contrainte. Il ne peut donc être imposé. Ce choix, c'est celui de l'indépendance et de la liberté, de pouvoir décider pour qui et avec qui, sur quel projet, comment et à quelles conditions on choisit de travailler. Il suppose un talent ou un savoir faire particulier.

Ce choix, les freelances le font d'ailleurs souvent après des années de salariat pendant lesquelles ils ont eu tout le temps de comprendre pourquoi le meilleur moyen de valoriser leurs talents sur le marché du travail était de se mettre à leur compte.

"Le talent, c'est d'avoir envie de faire quelque chose", disait Jacques Brel. Cette envie, les freelances l'éprouvent à chaque instant, quand ils travaillent, quand ils enrichissent leur savoir‐faire et leurs compétences par une veille permanente (oui, ils sont curieux de nature). Ayant compris qu'aujourd'hui une vie professionnelle se conjugue au pluriel, ils ont envie d'un parcours personnel multiple, varié et hétérogène qui leur permettra toujours de découvrir, de se renouveler et de rebondir. Ils savent, peut‐être plus que d'autres, que pour inventer aujourd'hui son propre avenir, il est impératif de "Devenir soi" comme l'affirme le dernier livre de Jacques Attali. Dans un récent interview au Figaro, celui‐ci ne déclarait‐il pas : "Être entrepreneur de sa vie", cela veut d'abord dire que notre vie est notre première entreprise... " ?

Ce choix, je le soutiens et c'est la raison pour laquelle j'Hub a été créé. Parce que j'entends depuis plus de 15 ans les freelances, qu'ils soient développeurs, animateurs 3D, graphistes ou rédacteurs, me répéter qu'ils ne veulent en aucun cas changer un statut auquel ils tiennent par-dessus tout. Je ne ferai à personne l'affront de rappeler ce que chacun sait et que toutes les études sur les relations entre les jeunes et le travail répètent à longueur de colonne : les générations professionnelles d'aujourd'hui (Y, X,...) veulent un travail qui a du sens, être reconnues et avoir du temps pour elles.

Les plates‐formes de mise en relation comme J'hub qui, en multipliant les acteurs et les opportunités économiques et en facilitant le plus large accès au marché, sont un moyen de prévenir précisément les baisses d'activité et donc de lutter efficacement contre la précarité que connaissent trop de freelances. Pour les seniors expérimentés à qui elle s'adresse, J'hub est ainsi l'assurance d'un volume de travail récurrent (ou pas) et d'une juste rémunération (entre 300 et 500€/jour) à travers l'organisation agile d'un réseau de pairs et un management plus proche du coaching que du contrôle. Alors non, travailler avec des freelances, ce n'est décidément pas encourager la précarité.

Laurence Serehen Amiel
Fondatrice de l'agence digitale Com Ci Com Ça et de J'hub